Lutte contre le paludisme : où en est on?

6 décembre 11
Le paludisme a considérablement reculé au cours des dix dernières années. A l’échelle globale, le taux de mortalité causé par le paludisme a diminué d’environ 25% depuis 2000. Cette diminution est même de 33% sur le continent africain, la région OMS où sont enregistrés 91% des décès causés par le paludisme.

Ces progrès ont été rendus possibles grâce à une nouvelle conceptualisation de la lutte contre le paludisme. Alors que la stratégie d’éradication élaborée au sortir de la 2ème guerre mondiale est abandonnée dans les années 1970, la fin des années 1990 est marquée par un engagement politique sans précédent (conférence ministérielle d’Amsterdam sur le paludisme en 1992, Déclaration d’Abuja en 2000 etc). On voit alors foisonner les initiatives de lutte contre le paludisme au début des années 2000 (création du Fonds mondial en 2002, de l’initiative du Président américain contre le paludisme en 2007, de la Fondation Bill et Melinda Gates en 2000).

 

Cette prise de conscience de la nécessité de lutter contre le paludisme, maladie tuant un enfant toutes les 30 secondes, a permis une multiplication des fonds internationaux disponibles; ainsi, le financement international de la lutte est passé de US $ 100 millions à US $ 2 milliards en 2010. Les outils de la lutte et les systèmes de distribution se sont également considérablement améliorés au cours des dix dernières années : les thérapies combinées à base d’artémisinine sont plus efficaces et distribuées à une large échelle, 145 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticides longue durée ont été distribuées en 2010 et le taux de recours au test de diagnostic rapide en cas de paludisme suspecté ne cesse d’augmenter.

 

Cependant, comme l’a souligné le Dr Margaret Chan, la Directrice Générale de l’OMS, le 13 décembre 2011, « il y a des signes inquiétants faisant craindre un ralentissement des progrès »

L’apparition des résistances aux traitements et aux insecticides en Asie du Sud Est, les contextes socio-économico-politiques difficiles de certaines régions, notamment au Soudan et en Somalie,  et, bien évidemment, les fluctuations des ressources disponibles, causées par la crise économique et financière,  sont autant de barrières à des progrès plus rapides et qui pourraient remettre en cause la pérennité des résultats de la dernière décennie.

 

Mélodie Manach, Chargée de plaidoyer paludisme et secteur privé, Les amis du fonds mondial Europe.