Parcours d'ancien

La rubrique "parcours d'ancien" présente en détail le parcours professionnel d'un ancien étudiant du master ainsi que ses responsabilités actuelles.

Économiste, Institut de cancérologie Gustave Roussy

28 novembre 11
Julia (Promotion 1996/1997) dirige actuellement l'équipe "Etudes et recherche en économie de la santé" de l'institut G. Roussy. Elle nous détaille son parcours, entre le conseil sur le médicament et la recherche publique en milieu hospitalier.

J’ai débuté mes études par une formation MASS (Mathématiques Appliquées et Sciences Sociales) à l’université Paris V. Il s’agissait d’une formation ne comportant que des mathématiques et de l’économie ; ce que je trouvais un peu monotone. A la suite de ce qui s’appelait à l’époque le DEUG, j’ai changé de filière pour aller vers une formation plus approfondie en économie car c’est ce qui m’intéressait le plus. J’ai choisi une formation comportant de l’économie avec de nombreux enseignements en techniques quantitatives. En 1994, j’ai intégré le magistère d’économie de Paris I. Avant le master, ma formation était donc surtout théorique et quantitative.

Mon choix de me spécialiser en économie de la santé est surtout parti d’une envie de prendre de la distance par rapport aux enseignements trop académiques de micro-économie, de macro-économie et d’économétrie. Dans mon magistère, la plupart des étudiants choisissaient le master de Monnaie, Banque, Finance et ou celui d’économie quantitative. Ces domaines ne m’attiraient absolument pas. Les techniques quantitatives, après 4 ans, je faisais une overdose. J’ai donc envisagé d’autres domaines d’application de l’économie comme le secteur social ou culturel. Puis, j’ai rencontré une personne qui m’a faite découvrir le master. Le secteur de la santé, la diversité des enseignements, le brassage du public entre étudiants et professionnels sont les deux facteurs qui m’ont plus. J’avais également postulé au master d’économie de la santé de Paris I. J’ai choisi Dauphine car en restant à Paris I, j’avais peur de conserver l’académisme de certains enseignements et je crois que j’avais envie de prendre de la distance aussi par rapport au magistère.

 

Dans le cadre du master, j’avais fait mon stage dans une unité INSERM à Montpellier qui travaillait sur l’Epidémiologie des maladies chroniques invalidantes et du vieillissement. Mon mémoire a porté sur la simulation du coût d’une allocation dépendance sous la direction de Marie-Eve Joël et de l’épidémiologiste Alain Colvez. J’ai découvert le monde de la recherche académique et je l’ai trouvé passionnant. Malheureusement, je trouvais les conditions pour intégrer la recherche publique très (trop) difficiles : plusieurs des collègues du laboratoire de recherche avaient passé de nombreuses fois le concours pour être recruté à l’INSERM. Cela m’a découragée pour m’engager dans cette voie. A l’époque, j’avais besoin de me sentir en sécurité sur le plan professionnel et j’ai donc choisi de partir travailler dans le secteur privé. Alors même que j’étais encore en stage, j’ai reçu une offre d’emploi pour un poste de chargé d’études dans une société de conseils. J’ai accepté ce poste et j’ai poursuivi dans cette branche pendant 6 ans. A la suite de cette expérience professionnelle, j’avais l’impression d’avoir fait le tour du métier de chargé d’études et j’étais nostalgique du métier de chercheur. C’est comme cela que j’ai décidé de me réorienter vers le secteur public en exerçant le même métier mais en milieu hospitalier avec des objets d’évaluation qui changeaient et une plus grande liberté dans le choix des sujets. Avant, je travaillais beaucoup sur le médicament.

 

En arrivant à l’Institut Gustave Roussy (IGR) en 2001, j’ai découvert l’évaluation des innovations en cancérologie, le travail en équipe avec les statisticiens et les cliniciens. J’ai fait une thèse sur la production de recherche dans les établissements publics de santé et son impact sur le coût des soins sous la direction de Gérard de Pouvourville. J’ai pu bénéficier d’une convention CIFRE pour faire cette thèse. Voila maintenant 10 ans que je travaille à l’IGR. Actuellement, je dirige une petite équipe de 4 personnes : l’équipe Etudes et Recherche en Economie de la Santé. Mon poste me laisse une grande liberté d’organisation. Je fais de la recherche, de l’enseignement, je participe à des projets d’évaluation médico-économique en cancérologie. Cette diversité me convient pleinement. J’encadre des étudiants pour leur mémoire de fin d’étude et je trouve cela également très riche et dynamisant. Etre économiste à l’hôpital suppose d’être prêt à expliquer une bonne centaine de fois son métier car on est souvent confondu avec un gestionnaire, un contrôleur de la sécurité sociale, un financier ! On apprend la pédagogie et la multidisciplinarité. Enfin, ce qui me plait particulièrement dans mon poste actuel, c’est….de faire de la recherche. On en revient toujours à ses premières amours. Il fallait juste adapter le parcours mais finalement je me rends compte qu’il existe de nombreuses voies autres que la voie « traditionnelle ».  Les détours professionnels ne sont jamais inutiles et sont mis à profit pour construire sa carrière au fil de l’eau.